Lorsqu’on dispose d’un peu d’épargne, il n’y a rien de mieux que de la faire fructifier en investissant. Le mobil-home fait actuellement partie des domaines qui le permettent et peut donc très bien constituer un bon investissement. Il suffit juste d’adopter des démarches bien étudiées. En effet, ce projet peut vite devenir une expérience douloureuse si on s’y lance à l’aveuglette.
Voici tout ce qu’il faut savoir avant d’investir dans un mobil-home.
En quoi consiste l’investissement dans un mobil-home ?
Investir dans un mobil-home consiste à acheter un mobil-home pour ensuite le louer afin de se constituer un patrimoine à partir des revenus locatifs.
Selon le sens de la loi, on entend par mobil-home toute résidence mobile destinée à une occupation saisonnière ou temporaire et à usage de loisir. Celui-ci peut être déplacé à tout moment. Cependant, le code de la route interdit formellement de le faire circuler à part si un convoi exceptionnel est constitué.
L’investisseur qui achète un mobil-home est tenu de l’installer sur un PRL (Parc Résidentiel de Loisirs), un terrain de camping ou bien dans un village de vacances, dans la classification hébergement léger. Ainsi, il est interdit de l’installer sur un terrain privé. Cette contrainte légale a été imposée afin d’éviter toute installation anarchique ou pollution.
La loi prévoit quand même des exceptions en matière de PRL. Ainsi, les terrains créés après le début de l’année 2007 ne peuvent pas accueillir des mobil-home. Il en est de même pour ceux qui sont exploités par location d’emplacement ou par cession.

Les avantages d’investir dans un mobil-home
Les premiers et principaux avantages qu’offrent ce placement sont ceux tirés du statut LMNP. Mais cet investissement présente également d’autres avantages fiscaux non négligeables.
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Le statut LMNP
LMNP est le diminutif de Loueur (ou Location) Meublé Non Professionnel. Ce statut compte parmi les plus vieilles niches fiscales françaises. En effet, il a été mis en place depuis 1949 et est toujours en vigueur jusqu’à ce jour.
Le statut LMNP profite à tous ceux qui louent un local doté d’équipements mobiliers nécessaires à l’occupation normale d’un locataire, comme c’est le cas d’un loueur d’un mobil-home.
Avec ce statut, les bénéfices perçus de l’investissement seront soumis au régime BIC ou Bénéfices Industriels et commerciaux. Celui-ci procurera des avantages particuliers selon le régime d’imposition des revenus locatifs. Pour cette année 2018, si ceux-ci ne dépassent pas 70000 euros, le régime qui sera applicable est le micro-BIC. L’investisseur bénéficiera, dans ce cas, d’un abattement fiscal de 50% sur les recettes qu’il aura perçu. Par contre, si ses revenus locatifs dépassent les 70000 euros, il sera soumis au régime réel. Il pourra ainsi déduire toutes les charges liées à son investissement dans le mobil-home : les frais de gestion de celui-ci, les intérêts d’emprunt, etc. Il devra aussi, dans ce cas, verser, chaque année, au compte du trésor public, une TVA collectée auprès du locataire de son mobil-home (10% du loyer). En contrepartie, il pourra récupérer 20% du prix d’acquisition du mobil-home, à condition que celui-ci soit intégré à un camping. Il en est de même pour les équipements qui vont avec : TV, climatisation, produits ménagers, ampoules, vélos, etc. Enfin, il pourra récupérer 10% sur la location du terrain.
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Les autres avantages fiscaux de l’investissement locatif dans un mobil-home
Contrairement à ce que bon nombre de personnes pensent, l’investissement dans un mobil-home n’est pas un investissement immobilier. C’est une résidence mobile. Donc, il s’agit d’un investissement mobilier.
Grâce à cette classification, le loueur d’un mobil-home se décharge de plusieurs charges qu’un loueur immobilier doit payer.
– La taxe foncière
Il n’y a aucune taxe foncière à régler par l’investisseur. Il lui incombe juste de payer une taxe de séjour. Le montant de celle-ci sera fixé par la commune de situation du PRL ou bien du camping et varie selon le confort des lieux.
– La taxe d’habitation
Le loueur de mobil-home sera aussi déchargé de la taxe d’habitation car le mobil-home n’est pas une habitation « en dur » et ne nécessite donc pas un permis de construire.
– Les frais de notaire
Ceux-ci sont totalement inexistants en matière d’investissement locatif en mobil-home puisqu’il s’agit d’un bien mobilier.

Comment investir dans un mobil-home ?
Cela revient à dire : quels sont les points importants à prendre en compte lorsqu’on investit dans un mobil-home.
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L’achat du mobil-home
Un mobil-home neuf coûte en moyenne 30000 euros. Cependant, vous n’êtes pas du tout obligé d’investir dans le neuf qui est plus onéreux. Vous pouvez très bien opter pour un mobil-home d’occasion bien équipée et en bon état. Evitez seulement un modèle trop vieux, sinon vous aurez du mal à le louer et à le revendre. D’autant plus que la plupart des campings n’acceptent généralement les anciens logements que si ceux-ci se trouvaient déjà sur place.
Vous pouvez acheter votre mobil-home auprès d’un particulier ou d’un vendeur professionnel dont les offres peuvent être intéressantes avec les réductions ponctuelles, les promotions, etc. Par contre, lorsque vous allez l’installer dans un camping, vous devrez payer des droits d’entrée qui peuvent atteindre plus de 5000 euros. Le mieux serait donc, pour se décharger de ces frais, d’acheter directement un mobil-home sur un village de vacances. De plus, les choix y sont nombreux. Vous pouvez même y trouver des mobil-home neufs. Un petit conseil également, faites votre achat à la période de déstockage, en Novembre. Les mobil-home sont plus abordables durant cette période.
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Où installer son mobil-home ?
Comme il a été dit un peu plus haut, l’investisseur dans un mobil-home est obligé d’intégrer le mobil-home dans un camping, dans un PRL ou bien dans un village de vacances. Mais quel est le plus rentable de tous ?
Ce qu’il faut savoir, c’est que les vacanciers désirent de plus en plus passer leurs vacances dans un endroit convivial proposant de nombreuses animations, notamment pour les enfants. Ce sont les campings qui ont, en général, ces critères. Beaucoup parmi eux aussi offrent actuellement de très bonnes prestations. Des animateurs bien formés y offrent aux petits bouts de choux de véritables moments de-bien-être et de joie. Du coup, ils procurent aussi quelques moments de repos aux parents. Les campings disposant de structures sportives, de restaurants de qualité, de commodités, de salles de jeu, ainsi que de parcelles très bien entretenues sont aussi de plus en plus demandés.
Si vous voulez réunir tous ces critères et donc optimiser les chances de location de votre mobil-home, placez-le dans un camping 4 étoiles. Les frais d’entrée peuvent par contre être conséquents dans ce cas, surtout s’il s’agit d’un camping qui a déjà une bonne réputation. Pour obtenir les meilleurs prix, visez les campings en phase d’amélioration pour devenir 4 étoiles. Il faut également en choisir un qui se place dans une zone très touristique si vous voulez que votre investissement fructifie rapidement.

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Les pièges à éviter lors du choix du camping
C’est là que résident notamment les causes de non rentabilité de l’investissement dans un mobil-home. Ainsi, il va bien falloir rester vigilant dans le choix du camping pour l’installation de votre mobil-home.
– La durée d’ouverture annuelle des campings
Celle-ci n’est pas la même pour tous les campings. Or, il est évident que plus le camping ouvre ses portes longtemps dans l’année, plus vous profiterez de votre investissement locatif en mobil-home. Alors, n’oubliez pas de prendre ce point en considération lors du choix du lieu d’installation de votre mobil-home. En général, les dates d’ouverture des campings se trouvant dans les destinations touristiques s’étendent suffisamment longtemps et maximisent ainsi la rentabilité de votre placement. En effet, la plupart de ceux-ci sont ouverts du mois de février jusqu’au mois de Novembre.
– Les clauses abusives dans le contrat de bail de l’emplacement du mobil-home
Les emplacements en vente sont très rares. Ainsi, pour investir dans un mobil-home, il va falloir recourir, la plupart du temps, à une location de parcelle. La durée de vie d’un mobil-home est en général de 20 ans. Donc, lisez attentivement le contrat de bail de son emplacement qui peut prévoir une clause obligeant le changement de mobil-home après 7,10 ou 15 ans. En effet, dans ce cas, vous serez obligé d’enlever votre résidence mobile avec paiement de frais en sus une fois ces délais écoulés. Le camping vous proposera peut-être un rachat, et c’est d’ailleurs son but, mais cela ne profitera qu’à lui.
Il existe également d’autres clauses abusives qu’il faut impérativement éviter, à savoir :
- L’obligation de passage par le camping pour la location du mobil-home. Si une telle clause est insérée dans le contrat de location de l’emplacement, sachez que le camping prélèvera jusqu’à la moitié des revenus locatifs et vous ne bénéficierez donc que du reste. Vous avez tout le droit de refuser l’insertion d’une telle clause dans le contrat. En effet, vous devez avoir le choix entre cette option ou bien vous occuper vous-même de la location de votre mobil-home.
- Interdiction aux membres de la famille d’emprunter le mobil-home sinon ils seront tenus de payer au camping des taxes.
- Interdiction abusive figurant dans le règlement intérieur du camping, par exemple : l’interdiction de l’aménagement de l’emplacement. Pour s’assurer de la qualité de la relation d’un camping avec les loueurs de mobil-home sur place, vous pouvez très bien demander s’il a déjà adhéré à la Charte de transparence de la FNHPA (Fédération Nationale de l’Hôtellerie de Plein Air). En effet, en adhérant à cette charte, un camping s’engage à respecter quelques règles importantes garantissant une bonne relation entre lui et les propriétaires des mobil-home sur son terrain.
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Les règles liées à l’occupation de l’emplacement du mobil-home
Le contrat de bail d’une parcelle pour l’installation d’un mobil-home entre le propriétaire du terrain et le propriétaire du mobil-home est un contrat synallagmatique. Cela veut dire qu’il existe des obligations réciproques entre les deux parties.
– Les obligations du propriétaire du terrain
Celui-ci est tenu d’une obligation de loyauté envers le propriétaire du mobil-home qui est donc son locataire. Ainsi, il ne doit pas insérer une clause abusive dans le contrat de bail du terrain.
S’il souhaite aussi expulser ce dernier, il doit fournir un motif sérieux sinon il devra lui verser des dommages et intérêts pour le non-renouvellement du contrat de bail. Cette expulsion est également soumise à un préavis d’un mois avant l’expulsion.

– Les obligations du propriétaire du mobil-home
En contrepartie de la loyauté et du droit de jouissance du terrain venant du propriétaire de la parcelle sur laquelle est installée son mobil-home, l’investisseur doit verser à celui-ci un loyer qui varie en général entre 1000 et 6000 euros.
Il doit également et impérativement avoir un contrat d’assurance pour garantir les risques de vol, d’incendie, d’intempérie,… Celui-ci peut prendre la forme d’un contrat de type «habitation individuelle» ou bien «caravane».
Enfin, louer un mobil-home à un locataire est considéré comme étant un contrat de sous-location. Ainsi, l’investisseur qui est le loueur du mobil-home doit soumettre le contrat entre lui et le locataire de son bien meuble à l’autorisation de la personne qui gère le camping. Cette dernière a ainsi le droit de refuser ou bien poser des conditions. Par contre, si l’investisseur souhaite vendre son mobil-home, le camping ne pourra pas le lui interdire.
– Les possibilités de recours en cas de litige
Comme il a été dit un peu plus haut, le mieux serait de contracter avec un camping ayant déjà signé la Charte de transparence pour éviter les problèmes liés au lieu d’installation du mobil-home. Quand même, en cas de litige, la saisie de la Commission de Conciliation Loisirs est toujours envisageable. Celle-ci indiquera ensuite toutes les démarches à suivre pour le règlement du différend. Toutefois, il est à noter que cet organisme n’a qu’un pouvoir consultatif. Ainsi, son avis n’a pas de force obligatoire.
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Le transport et l’emplacement du mobil-home
Seul un convoi exceptionnel peut assurer le transport d’un mobil-home vers son emplacement. En ce qui concerne le prix, celui-ci dépend de la distance entre l’usine et le lieu d’accueil, entre 3 euros et 5 euros le kilomètre. L’investisseur doit également prévoir des frais de calage et de branchement du mobil-home aux divers réseaux. Ceux-ci varient entre 500 et 1500 euros selon l’accessibilité et la viabilisation du terrain.
